BRIEG GUERVENO

Une vie de musique en Breton

Depuis près de vingt ans, Brieg Guerveno construit une musique profondément personnelle, entre folk, rock, pop et atmosphères électroniques. Une musique entièrement chantée en breton, la langue de son père et de sa famille, qu’il a choisie très tôt comme langue d’écriture et qui est devenue au fil des albums une matière musicale aussi naturelle qu’intime.

Originaire des Côtes-d’Armor, Brieg découvre la musique par le rock et le metal. Il apprend la guitare électrique en autodidacte et commence à jouer dans différents groupes avant de créer son propre projet en 2006. Son premier EP, SedeR, paraît la même année. Le disque lui permet de remporter le tremplin An Taol-Lañs et de représenter la Bretagne au Pan Celtic Festival de Donegal. En 2011 paraît Nozioù / Deioù, son premier album, qui rassemble les chansons écrites durant ces premières années.

À partir de 2012, Brieg affirme une direction plus rock. Avec Bleunioù an distruj, puis Ar Bed Kloz et Valgori, son univers se densifie : guitares électriques, rythmiques puissantes, arrangements progressifs et atmosphères sombres accompagnent une écriture toujours en breton. Bleunioù an distruj reçoit le prix du disque en langue bretonne aux Prizioù en 2013, Ar Bed Kloz le Prix Coup de cœur de Produit en Bretagne en 2015, tandis que Valgori est distingué aux Prizioù en 2017.

Cette première période l’emmène progressivement bien au-delà de la Bretagne. Les concerts se multiplient en France et à l’étranger, jusqu’au Japon, en Belgique, au Pays basque et en Italie. Il se produit notamment aux Vieilles Charrues, au Festival Interceltique de Lorient, à Yaouank et dans de nombreux festivals et salles consacrés aux musiques actuelles.

Du rock à la chanson intime

En 2020, Vel Ma Vin marque un tournant. Après plusieurs années consacrées au rock, Brieg revient à une forme plus dépouillée. Les guitares électriques laissent davantage de place à la guitare acoustique, au piano, aux cordes et à la voix. La musique devient plus silencieuse, plus fragile, et l’écriture plus personnelle.

Vel Ma Vin ouvre une nouvelle période dans son parcours. Brieg ne cherche plus seulement à créer des paysages sonores : il commence à mettre davantage de lui-même dans ses chansons. L’album reçoit le Prix du public de Produit en Bretagne et le Prix du disque en langue bretonne aux Prizioù 2021.

Cette nouvelle direction lui ouvre de nouvelles scènes. Il participe à la Tournée des Trans Musicales puis aux Trans Musicales de Rennes, où il se produit au TNB. Il retrouve également les Vieilles Charrues, cette fois sur une grande scène, dans une soirée partagée avec Stephan Eicher et Catherine Ringer.

Cette période confirme une évolution qui ne cessera de s’affirmer : derrière la musique, Brieg devient de plus en plus un songwriter, un auteur-compositeur qui utilise la chanson pour raconter ce qu’il traverse.

Écrire ce qui nous traverse

Avec Un noz a vo, paru en 2025, cette évolution prend une nouvelle dimension. « Une nuit viendra » : une phrase qui pourrait appartenir à un conte ou à une comptine, mais qui devient ici une manière de parler des changements, des pertes, de l’amour et des passages qui bouleversent une existence.

Pour cet album, Brieg ouvre largement son univers. Synthétiseurs modulaires, piano, cordes, batteries acoustiques, textures électroniques et guitares se mêlent à une écriture toujours très incarnée. Enregistré avec le réalisateur Johannes Buff, Un noz a vo est à la fois son disque le plus ample et l’un de ses plus intimes.

Brieg y parle d’amour sous toutes ses formes : celui que l’on porte à une personne, à ses enfants, à ses amis, à ceux qui ne sont plus là, à une terre ou à une langue. Ses chansons puisent directement dans ce qu’il traverse, dans ses lectures, ses souvenirs et les lieux qui l’entourent.

Cette manière de faire de la chanson un espace autobiographique peut évoquer certains songwriters comme Sufjan Stevens : non pas par le style musical, mais par cette capacité à transformer l’expérience personnelle en chansons, à faire de l’intime une matière suffisamment singulière pour devenir universelle.

Le breton est au cœur de cette démarche. Ce n’est pas pour Brieg un costume artistique ni une manière de revendiquer une identité. C’est la langue de sa famille, aussi bien paternelle que maternelle, celle dans laquelle il a grandi et qu’il a choisie pour écrire. Une langue profondément liée à une terre, mais qui lui permet de parler de choses universelles : aimer, perdre, espérer, grandir, se souvenir.

Un noz a vo est salué par Télérama, Le Monde et Rock & Folk. L’album reçoit le Prix du jury de Produit en Bretagne en 2025, puis le Prix Coup de cœur du jury professionnel en 2026.

Aujourd’hui

En 2025, la rencontre avec Miossec marque une nouvelle étape dans son parcours. Après une première partie au Trianon à Paris en mai 2025, Brieg l’accompagne sur une série de concerts entre l’automne 2025 et le printemps 2026, de Plouguerneau à Brest, en passant par Ploeren, Plougonvelin, Penmarc’h, Crozon et Écouen. Il retrouve Miossec à l’Olympia en février 2026, puis au MeM de Rennes le 12 mai et à La Carène de Brest le 13 mai.

Ces concerts marquent un changement d’échelle. Sa musique en breton rencontre désormais des publics bien au-delà de la Bretagne, sans que la langue cesse d’être au centre du projet.

Aujourd’hui, Brieg Guerveno poursuit cette recherche entre l’intime et le collectif, entre la Bretagne et le monde. Seul avec sa guitare ou entouré de musiciens, il construit des concerts où la fragilité peut côtoyer la puissance, où les silences comptent autant que les envolées.

Après près de vingt ans de musique, plusieurs albums, des prix, des scènes majeures et un parcours qui l’a conduit du rock le plus sombre à une folk moderne et sensible, Brieg continue surtout à chercher la même chose : trouver les mots justes pour dire ce qui nous traverse.

En breton.